J'en apprends tranquillement sur la société Inuit, mais ça ne satisfait pas ma curiosité (elle n'est jamais satisfaite de toute façon ;). Par exemple, cette semaine en première page du journal le Nunavut news du lundi 27 avril 2009 le grand titre est "A mother heartbreak. Woman tries to cope after son's suicidal leap from plane". On parle donc de Navalik Helen Tologanak, la mère de Julien, 20 ans, qui tente de se remettre sur pied après que son garçon ait ouvert la porte d'un King Air 200 à environ 7000 m (23 000 pied) d'altitude pour se jeter en bas. Julien était le père d'un garçon de 18 mois, Félix. Au Nunavut, l'Association canadienne pour la prévention du suicide estimait à 77 suicides pour 100 000 habitants en 2004*, comparativement à la moyenne canadienne de 13/100 000 habitants. On y retrouve les plus hauts taux de suicide au monde.
L'éducation... mais de quel façon? Et à quel prix?
En page B3 on retrouve "Literacy and music in Pond Inlet". Une semaine entière dédié à l'alphabétisation. Musique, course de traineau à chien, cirque et tournoi de golf (dans la neige) sont au rendez-vous! Comme le démontre bien ce festival, apprendre à lire et à écrire n'est pas suffisant. Il faut essentiellement apprendre à communiquer, à gérer ces émotions et les conflits, et fondamentalement apprendre à avoir confiance en soi. Que ce soit par les arts de la scène, la musique, le cirque, le cinéma, la science, la poésie ou le rap, peu importe. Une personne qui n'est pas capable de s'exprimer verra son identité compromise quelque part et un mal à l'âme s'installe. Cette identité compromise et ce mal à l'âme se fera autant ressentir chez les individus que dans toute la société.
L'éducation est sans aucun doute LE point d'appui qui permet de soulever de lourds poids qu'a pu laisser le lourd et douloureux passer des Inuits. Tout comme au Québec, beaucoup trop ont été victimes des politiques d'assimilations du Canada. On retirait les enfants de leur famille pour les « éduquer » « correctement » chez les religieux (parfois catholique, protestant ou autres). Victimes d'abus morale, physique et sexuel, c'est une et deux générations qui ont grandi dans les abus et les violences, lesquels habitudes sont aujourd'hui reproduites dans les foyers. À ce sujet, voici un film à voir : "The Experimental Eskimos".
L'éducation peut donc être tout aussi destructrice que créatrice. Cependant, contrairement à un château de sable, ces destructions ou (re)constructions orienterons et organiserons de 3 à 5 générations. Ces traces d'abus et de violences laissées par un passé récent se feront sentir pour encore plusieurs générations. Mais combien? Cela dépend de l'éducation qu'on donne aujourd'hui à ces jeunes à travers le Nunavut. Il est possible de rapidement freiner les abus, la violence voir les suicides dès la prochaine génération, plutôt que dans 3 ou 4 générations.
Mais comment? C'est ce que je tenterai d'explorer d'ici les prochains mois et les prochaines années... particulièrement lorsque mes enfants seront eux-mêmes à l'école.
Sur ce, voici les autres grands titres de cette édition du Nunavut news du lundi 27 avril 2009 :
"How to get found" when you get lost in a nomansland in Nunavut.
"No more small orders of frozen foods"
"Hockey. No game without refs"
"Clyde River stores run out of sugar"
"Time for Toonik", un festival hivernal.
"Kids in the kitchen. Qikiqtarjuqa students lern to make homemade meals"
* http://casp-acps.ca/Publications/BlueprintFINAL.pdf
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Intéressant tout ça ! Man, sauter d'un avion en vol, il faut vraiment avoir le mal de vivre... Je viens de m'abonner au flux de ton blog et vais suivre votre grande aventure à distance... Aussi, n'hésite pas à me demander des petits trucs dont tu aurais besoin là-bas et qu'il serait difficile de commander, j'pourrais les envoyer... Salut Mio et les filles de ma part ! à+ Pierrick
RépondreSupprimer"No more small orders of frozen foods"
RépondreSupprimerintriguant !
"No more small orders of frozen foods"
RépondreSupprimerC'est qu'une fois par année, l'été, la pluspart du monde ici font des réserves de toute sorte de chose provenant du sud et se fond envoyer ça parce qu'on appel ici le "sea lift". Un bateau cargo quoi. Ben là, ils sont tanné que les gens commande de petite quantité de bouf congelé :|